Mardi est une soirée comme les autres. Après la routine infernale des bains, du souper et du ménage, je peux enfin prendre quelques minutes pour moi. Quelques minutes pour mettre mon cerveau en pause et écouter cette télévision qui est de plus en plus insipide.

Parfois, il faut ce qu’il faut pour pouvoir relaxer sans trop se questionner. Sur mon fauteuil, j’entends au loin mes enfants chialés et mon conjoint les réprimander. De mes yeux fatigués, je fixe l’écran en écoutant qu’à moitié. C’est à ce moment précis que je ressens un léger picotement au niveau de mes joues. Ai-je eu chaud, je ne m’en souviens plus. Tranquillement, mon picotement se propage sur mon visage tout entier. C’est comme une bouffée d’air chaude que je ne peux pas contrôler. Toujours assise sur mon fauteuil à fixer le vide, je peine à comprendre ce qui m’arrive. Pour accompagner cette sensation désagréable, mon cœur décide de s’emballer. Il n’a plus le doux battement que j’y reconnais. Mon cœur tambourine maintenant au rythme endiablé d’une fanfare peu expérimentée. Mes yeux fixent toujours l’horizon, mais je décèle chez eux un brouillard qui m’est inconnu. Comme si ma vision devenait trouble, je me sens incapable de distinguer ce qui se présente devant moi. Par la suite, un sentiment de peur imminente m’envahit. Une peur que je ne peux analyser parce que mon corps et mon esprit sont paralysés. Ma respiration semble vouloir s’accélérer, j’aimerais crier haut et fort, mais je m’en sens incapable. Se sentir prise de son corps est l’un des sentiments les plus alarmants. Tranquillement, j’essaie de me raisonner. Me dire que tout cela va finir par passer. Que cette peur inconnue finira par me quitter et que mon cœur réussira à se calmer. Une crise d’anxiété arrive toujours sans prévenir. C’est le genre de visite qui adore s’inviter pour te faire maudire. Sournoise et agile, elle est capable de rapidement te manipuler. Il est souvent difficile de ne pas laisser l’anxiété nous envahir. Quand les premiers symptômes se montrent le bout du nez, tu sais que la machine est enclenchée. Techniques de respiration, de la belle visualisation, des médicaments et beaucoup trop de temps, voilà ce que l’on nous apprend.

Je ne suis pas une experte, mais aujourd’hui en ce mardi, je vais la laisser passer et simplement me demander comment la prochaine je pourrai tenter de l’éviter. Il y a des jours plus sombres que d’autres. Il faut accepter et continuer d’avancer. En ce mardi, j’entends mes enfants qui ricanent au loin.

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