Aujourd’hui, j’ai envie de me sentir normale. Tu sais, normale comme dans maudit que j’aimerais que la vie aille moins vite. J’ai l’impression d’étouffer par moment. J’ai l’impression que je n’arriverai jamais à temps dans mon temps. Pourquoi je me sens ainsi? Qui m’impose ce rythme effréné?

Après réflexion, j’en suis venue à la conclusion que cette pression vient bel et bien de moi. C’est moi qui décide de me mettre dans de telles situations, et ce, de mon propre chef.

Du matin au soir, ma vie est chaotique. Enseignante de profession, je roule au quart de tour pour m’assurer que mes élèves sont les meilleurs de tous. Je m’assure qu’ils ne manquent de rien et j’en fais toujours trop. Dans le jour, j’oublie de respirer calmement. Dans le jour, j’oublie que j’existe. Je suis sur le pilote automatique, nous devons avancer, apprendre et nous amuser et je dois surtout ne pas oublier de corriger, de planifier et de ramasser.

Quand arrive le soir, je suis maman. Une maman aimante et dévouée qui oublie encore une fois de bien respirer. Une maman qui prépare le repas, qui s’assure que les douches sont prises, qui s’occupe des lunchs et qui prend le temps de jouer. Une maman qui se couche avec ses cocos et qui patiente avant de pouvoir aller se coucher juste pour être certaine qu’elle n’aura pas à se relever.

Quand arrive le soir, je suis brûlée, fatiguée. Me trainer dans mon lit est un vrai tour de magie. J’aimerais tellement fermer les yeux et m’endormir, mais ma réalité me ramène souvent en plein visage que l’anxiété n’a pas encore donné son OK. C’est à ce moment-là que je voudrais crier. C’est justement là que je voudrais tout arrêter. Tu sais, arrêter le temps qui gère mon existence, arrêter la perfection et parfois couper les coins ronds, arrêter de stresser pour ne rien oublier.

Aujourd’hui, j’ai envie de me sentir normale. Donc, je vais respirer, laisser aller et juste imaginer que demain sera une meilleure journée et que pour une fois, je réussirai à ne pas m’oublier.

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